Entre la déception et l’espérance

La beauté des yeux n’est pas dans leur couleur ou leur

14 mai, 2020
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  • Italie

La beauté des yeux n’est pas dans leur couleur ou leur taille, mais dans leur vision libre, nette et pénétrante de la réalité. Et si aujourd’hui, chacun de nous aiguisait son regard pour découvrir ce qui se passe dans cette réalité dans laquelle nous nous trouvons, qui semble être un cauchemar dont nous n’arrivons pas à nous réveiller ?

Et si nous ravivions la foi pour découvrir la nouveauté d’un avenir qui n’est pas encore arrivé mais qui se profile déjà ? Comme l’a dit le prophète: « Quelque chose de nouveau émerge … ne le remarquez-vous pas ? » (Is 43,19)

Qu’est-ce que je remarque personnellement ? Je dirais que ce qui se voit à première vue, c’est que cette situation révèle ce qui est à l’intérieur des cœurs. De plus, elle semble faire ressortir le meilleur et le pire de chacun de nous.

Ceux qui cherchent à s’enrichir aux dépens des autres sans se soucier de la vie d’autrui, profitent de cette situation pour exporter du matériel médical d’extrême nécessité dans leur propre pays, pour le vendre dans un autre qui paie mieux.

Celui qui a choisi de servir les autres dans cette situation, on le retrouve dans un hôpital où il vit depuis un mois, soignant les malades, sans pouvoir rendre visite à sa propre famille pour éviter le risque de contagion.

Pour certains gouvernements de pays plus favorisés qui trouvent gênant de devoir partager les dépenses avec les plus pauvres, cette situation les pousse à négocier et à mettre en péril la crédibilité déjà faible de certains dispositifs d’aide gouvernementaux.

Pour ceux qui ont choisi de faire de l’amour le centre de leur vie, cette situation les trouve au service des plus pauvres, distribuant du pain et de la dignité, défiant les mille dangers de contagion que nous connaissons.

Il y a des signes de vie et de mort. Il y a des cœurs égoïstes, qui semblent anesthésiés devant la douleur des autres, qui préfèrent continuer leur vie comme si de rien, pouvant même infecter les autres par leur manque de soins et de respect des règles.

Et il y a beaucoup de cœurs qui s’ouvrent à l’autre, à l’inconnu et offrent ce dont ils ont besoin ou même leur propre vie, comme le prêtre italien malade qui a offert son respirateur, donné par ses paroissiens pour qu’une personne plus jeune que lui puisse vivre. N’est-ce pas un signe parmi tant d’autres que quelque chose de nouveau émerge?

Un nouvel avenir est caché dans les entrailles de cette réalité du coronavirus … un avenir qui est comme un germe minuscule mais imparable.

De la même manière que la vie en gestation continue son processus de croissance jusqu’au jour où elle entre dans l’histoire … ainsi le Royaume de Dieu est caché dans ce qui germe et dans le petit. Elle se cache dans de nombreux gestes d’humanité, de solidarité, d’évangile qui nous entourent, dans lesquels on devine un amour qui dépasse la mort qui nous environne.

Si nous ne le voyons pas, cherchons un collyre qui nettoiera nos yeux, détoxifions nous de la négativité qui nous envahit parfois, secouons le cynisme, abordons la réalité sur la pointe des pieds, avec respect, ouvrons nos cœurs au mystère. Si nous sommes patients, ce mystère finira par nous être révélé. Mais prenons le temps … faisons silence. Puis, quand Il se révèlera, nous comprendrons que Dieu est peut-être plus vivant que jamais. Nous comprendrons que Dieu ne manque pas de créativité pour continuer à faire son chemin dans ce monde et une espérance plus forte grandira en chacun de nous, qui nous aidera à affronter toutes les vicissitudes que la vie nous apporte.

Ouvre grand les yeux … attends … aujourd’hui tu peux choisir entre la déception et l’espérance. Choisis ce qui est sûr : choisis l’espérance !!!

Verónica Alonso

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